La gestion des émotions de votre enfant vous semble parfois mission impossible ? Colères explosives, pleurs pour un détail, crises au moment du coucher ou des devoirs : beaucoup de parents se sentent démunis. Pourtant, ces tempêtes émotionnelles font partie du développement de l’enfant. En effet, apprendre à reconnaître et à apaiser ses émotions prend du temps, et cela s’apprend avec l’aide des adultes.
Je suis thérapeute pour enfants, spécialisée dans l’accompagnement du TDAH, des troubles dys et du TSA. Dans mon cabinet, L’Envol en Confiance, à Cazouls-lès-Béziers, les émotions sont au cœur de nombreux accompagnements. C’est pourquoi j’ai souhaité vous partager ici des repères simples et des outils concrets.
Dans cet article, je vous explique d’abord comment fonctionnent les émotions chez l’enfant. Ensuite, je vous propose des pistes pratiques pour l’aider au quotidien, selon son âge et les situations. Enfin, nous verrons quand il peut être utile de demander de l’aide.
Comprendre les émotions de votre enfant
Avant de chercher des solutions, il est utile de comprendre ce qui se passe chez l’enfant. En effet, la gestion des émotions chez l’enfant n’est pas un talent inné. C’est une compétence qui se construit petit à petit, au fil des années et des expériences.
À quoi servent les émotions ?
Les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles sont des messages. Par exemple, la peur signale un danger, la colère une injustice ou une frustration, et la tristesse une perte. La joie, quant à elle, nous pousse vers ce qui nous fait du bien.
Ainsi, l’objectif n’est pas d’empêcher votre enfant de ressentir de la colère ou de la tristesse. Au contraire, il s’agit de l’aider à reconnaître ce qu’il ressent, à le dire avec des mots, puis à trouver une façon de s’apaiser. C’est exactement ce qu’on appelle la gestion des émotions.
Pourquoi les émotions débordent-elles si souvent ?
Chez l’enfant, le cerveau est encore en pleine construction. Notamment, les zones qui permettent de réfléchir, de patienter et de se calmer mûrissent lentement. Par conséquent, quand une émotion forte arrive, elle prend souvent toute la place. L’enfant n’arrive alors plus à réfléchir, ni à écouter.
De plus, certains facteurs augmentent le risque de débordement :
- la fatigue, en fin de journée ou après une nuit trop courte ;
- la faim, souvent sous-estimée au retour de l’école ;
- les changements et les imprévus ;
- le bruit et l’agitation ;
- l’accumulation de petites frustrations dans la journée.
Ainsi, une colère qui semble exploser « pour rien » est souvent la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Des enfants plus intenses que d’autres
Par ailleurs, tous les enfants ne vivent pas leurs émotions avec la même intensité. Certains sont naturellement plus sensibles. D’autres présentent un TDAH, un trouble dys ou un TSA, qui rendent souvent les émotions plus difficiles à réguler. Par exemple, un enfant TDAH peut passer très vite de la joie à la colère. De son côté, un enfant autiste peut être submergé par une surcharge sensorielle.
Ce n’est donc pas une question de caprice ou d’éducation. Ces enfants ont simplement besoin de plus d’aide, et d’outils plus adaptés, pour apprendre à gérer ce qu’ils ressentent.
Le rôle des adultes
Les enfants apprennent à gérer leurs émotions grâce aux adultes qui les entourent. En effet, quand un parent reste calme face à une crise, il prête en quelque sorte son calme à l’enfant. Petit à petit, l’enfant intègre alors ces façons de faire et apprend à s’apaiser seul.
C’est d’ailleurs ce que rappelle la fiche Santé.fr sur la santé mentale des enfants. Elle souligne que parents et professionnels peuvent aider les enfants à identifier, comprendre et gérer leurs émotions. Elle rappelle aussi qu’oser parler de ce que l’on ressent permet d’alerter les adultes quand on ne va pas bien.
Bien sûr, aucun parent ne reste calme en toutes circonstances. Il est normal de perdre patience parfois. L’important, c’est de pouvoir ensuite réparer, en expliquant à votre enfant ce qui s’est passé.
Des outils concrets pour la gestion des émotions de votre enfant
Maintenant que nous avons vu comment fonctionnent les émotions, passons au concret. Voici donc des pistes simples, à adapter selon l’âge et la personnalité de votre enfant. Bien sûr, il n’est pas nécessaire de tout appliquer. Au contraire, choisissez une ou deux pistes, puis observez ce qui fonctionne chez vous.
Avant la crise : apprendre à reconnaître ses émotions
Le premier pas, c’est de mettre des mots sur ce que l’on ressent. En effet, un enfant qui sait dire « je suis en colère » a déjà fait un grand pas vers l’apaisement. Pour l’y aider, vous pouvez par exemple :
- nommer vos propres émotions au quotidien : « je suis un peu énervée, j’ai besoin de respirer » ;
- nommer les siennes avec bienveillance : « on dirait que tu es déçu » ;
- utiliser une roue ou une météo des émotions, avec des images ;
- lire des albums jeunesse qui parlent des émotions ;
- repérer ensemble les signaux du corps : mains qui se serrent, ventre noué, joues chaudes.
Ainsi, votre enfant apprend peu à peu à sentir l’émotion arriver, avant qu’elle ne déborde.
Pendant la crise : d’abord apaiser
Pendant une crise, votre enfant n’est pas en mesure de réfléchir. Par conséquent, les longues explications, les menaces ou les punitions ont rarement de l’effet à ce moment-là. Il vaut mieux d’abord l’aider à retrouver son calme.
Concrètement, vous pouvez :
- rester près de lui, avec une voix douce et peu de mots ;
- accueillir l’émotion, sans forcément accepter le comportement : « tu as le droit d’être en colère, mais je ne te laisse pas taper » ;
- lui proposer un câlin, s’il en a envie ;
- l’inviter à respirer avec vous, par exemple en soufflant comme sur une bougie ;
- l’accompagner vers un coin calme, préparé à l’avance.
De plus, n’oubliez pas de vous protéger vous-même. Si vous sentez que vous allez exploser, il est tout à fait possible de prendre quelques secondes pour respirer, en restant en sécurité.
Après la crise : comprendre et chercher des solutions
Une fois la tempête passée, c’est le bon moment pour en parler. Ainsi, vous pouvez revenir calmement sur ce qui s’est passé : « Tout à l’heure, tu étais très en colère. Qu’est-ce qui s’est passé pour toi ? ». Ensuite, cherchez ensemble ce qui pourrait aider la prochaine fois.
Par ailleurs, si votre enfant a fait du mal ou cassé quelque chose, il peut réparer. Par exemple, en aidant à ranger, en faisant un dessin ou en s’excusant. L’idée n’est pas de le punir, mais de l’aider à prendre conscience des conséquences de ses actes.
Le coin calme, un outil précieux
Le coin calme est un petit espace où l’enfant peut se retirer quand ses émotions deviennent trop fortes. Ce n’est pas une punition. Au contraire, c’est un refuge qu’il choisit, et qu’il peut décorer avec vous. Vous pouvez y placer, par exemple, un coussin, une couverture, des livres, une balle à malaxer ou un sablier.
Pour que le coin calme fonctionne, il est utile de le présenter à un moment où tout va bien. Ainsi, votre enfant comprend à quoi il sert, et il pourra plus facilement l’utiliser le moment venu.
Adapter les outils à l’âge de votre enfant
Les besoins changent beaucoup selon l’âge. Par exemple :
- chez les plus petits, les gestes et la présence comptent plus que les mots. Un câlin, une berceuse ou un objet doudou peuvent suffire à apaiser ;
- à l’âge de l’école primaire, l’enfant peut commencer à nommer ses émotions et à utiliser des outils comme la respiration ou le coin calme ;
- chez les préadolescents, l’enfant a souvent besoin de plus d’autonomie. Il peut alors choisir lui-même ses stratégies : musique, sport, dessin ou moment seul dans sa chambre.
Enfin, gardez en tête que chaque enfant est différent. Ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionnera pas forcément pour l’autre.
Les moments du quotidien qui font souvent déborder
Certains moments de la journée sont particulièrement propices aux crises. En effet, ils combinent souvent fatigue, contraintes et changements. Voici donc quelques pistes pour les rendre plus sereins.
Le retour de l’école
Beaucoup d’enfants « tiennent » toute la journée à l’école, puis relâchent tout en rentrant. Ce n’est pas qu’ils sont plus difficiles avec vous. Au contraire, c’est souvent parce qu’ils se sentent en sécurité à la maison.
Pour faciliter ce moment, prévoyez d’abord un temps de décompression. Par exemple, un goûter, un moment de jeu libre ou une activité physique. De plus, évitez de poser trop de questions dès la sortie de l’école. Votre enfant vous racontera souvent sa journée plus tard, une fois reposé.
Le moment des devoirs
Les devoirs sont une source fréquente de tensions. Ainsi, quelques ajustements peuvent aider : choisir un moment où votre enfant n’est ni trop fatigué ni affamé, découper le travail en petites étapes, prévoir des pauses courtes. Par ailleurs, si votre enfant commence à s’énerver, mieux vaut faire une pause que de forcer.
Enfin, n’hésitez pas à en parler à l’enseignant si les devoirs deviennent chaque soir une bataille. Il pourra parfois adapter la quantité de travail.
Le coucher
Le soir, la fatigue accumulée rend les émotions plus difficiles à gérer. C’est pourquoi un rituel du coucher stable et rassurant aide beaucoup. Par exemple : bain, pyjama, histoire, câlin, lumière éteinte, toujours dans le même ordre.
De plus, le moment du coucher est parfois celui où les soucis de la journée remontent. Prendre quelques minutes pour écouter votre enfant, sans chercher à tout résoudre, peut l’aider à s’endormir plus apaisé.
Les disputes entre frères et sœurs
Les conflits dans la fratrie font partie de la vie de famille. Cependant, ils peuvent vite dégénérer quand les émotions sont fortes. Dans ce cas, séparez d’abord les enfants pour que chacun se calme. Ensuite, écoutez chacun à tour de rôle, sans chercher systématiquement un coupable.
Ainsi, chaque enfant se sent entendu, et vous pouvez les aider à trouver ensemble une solution. Petit à petit, ils apprennent à régler leurs conflits avec des mots plutôt qu’avec des gestes.
Les sorties et les lieux publics
Une crise au supermarché ou chez des amis peut être très difficile à vivre pour les parents, notamment à cause du regard des autres. Pour limiter ces situations, prévenez votre enfant à l’avance de ce qui va se passer. Par exemple : « On va faire les courses, on achète ce qui est sur la liste, puis on rentre ».
De plus, évitez si possible les sorties quand votre enfant est très fatigué ou affamé. Et si une crise survient malgré tout, concentrez-vous sur votre enfant plutôt que sur les regards autour de vous. Vous faites de votre mieux, et c’est ce qui compte.
Quand demander de l’aide pour la gestion des émotions de votre enfant ?
Toutes les colères ne nécessitent pas de consulter. En effet, les tempêtes émotionnelles font partie de la vie de tous les enfants. Cependant, certaines situations méritent qu’on s’y arrête.
Les signes qui doivent vous alerter
Il peut être utile de demander un avis extérieur si, par exemple :
- les crises sont très fréquentes, très longues ou très intenses ;
- votre enfant se met en danger, ou blesse les autres pendant ses crises ;
- il semble triste, anxieux ou replié sur lui-même depuis plusieurs semaines ;
- ses émotions perturbent sa scolarité, son sommeil ou ses amitiés ;
- il dit souvent qu’il est « nul » ou qu’il est « méchant » ;
- vous vous sentez épuisé, et vous ne savez plus quoi essayer.
Dans ces situations, parlez-en d’abord à votre médecin traitant ou à votre pédiatre. Il pourra écarter d’autres causes et, si besoin, orienter votre enfant. Par ailleurs, si votre enfant exprime des idées très sombres, n’attendez pas : consultez rapidement un médecin ou, en cas d’urgence, appelez le 15.
L’accompagnement au cabinet
Au cabinet L’Envol en Confiance, à Cazouls-lès-Béziers, j’accompagne les enfants qui ont du mal à gérer leurs émotions. C’est souvent le cas des enfants avec un TDAH, un trouble dys ou un TSA, mais pas uniquement. Ainsi, un enfant très sensible, anxieux ou qui traverse une période difficile peut aussi en bénéficier.
Concrètement, les séances s’appuient sur des activités ludiques et adaptées à l’âge de l’enfant. Par exemple, nous utilisons des jeux, des supports visuels, des histoires ou des exercices de respiration. L’objectif est d’aider votre enfant à reconnaître ses émotions, à les exprimer et à trouver ses propres façons de s’apaiser.
De plus, les parents ont toute leur place dans l’accompagnement. Des temps d’échange permettent de faire le point et de vous proposer des pistes adaptées à votre famille. Je ne promets pas de résultats garantis, car chaque enfant avance à son rythme. En revanche, je m’engage à adapter l’accompagnement au fil des séances.
Le cabinet accueille les enfants de Béziers et de nombreuses communes du Biterrois, comme Maraussan, Thézan-lès-Béziers, Magalas, Capestang ou Villeneuve-lès-Béziers. Pour prendre rendez-vous, vous pouvez réserver directement en ligne via Crénolibre.
Vos questions sur la gestion des émotions chez l’enfant
Mon enfant fait beaucoup de colères : est-ce normal ?
Les colères font partie du développement normal, surtout chez les jeunes enfants. En effet, ils n’ont pas encore les outils pour gérer la frustration. Toutefois, si les colères sont très fréquentes, très intenses ou durent dans le temps, il peut être utile d’en parler à un professionnel.
Faut-il punir un enfant qui fait une crise ?
Pendant la crise, la punition a rarement de l’effet, car l’enfant est submergé par son émotion. Il vaut donc mieux d’abord l’aider à se calmer. Ensuite, une fois apaisé, vous pouvez poser un cadre clair et, si besoin, l’inviter à réparer ce qu’il a fait.
Les écrans aident-ils à calmer un enfant ?
Sur le moment, un écran peut sembler calmer votre enfant. Cependant, il ne l’aide pas à apprendre à gérer ses émotions par lui-même. De plus, l’arrêt de l’écran est souvent lui-même source de crises. Il vaut donc mieux privilégier d’autres outils, comme la respiration, le coin calme ou une activité physique.
Comment gérer mes propres émotions face à ses crises ?
C’est une question essentielle. En effet, il est difficile d’aider un enfant à se calmer quand on est soi-même à bout. Prenez donc soin de vous : du repos, du soutien, des moments pour souffler. Et si vous perdez patience, ce n’est pas grave. L’important est de réparer ensuite, en montrant à votre enfant qu’on peut se tromper et s’excuser.
La gestion des émotions, un apprentissage qui prend du temps
En résumé, la gestion des émotions de votre enfant ne se fait pas en un jour. C’est un apprentissage progressif, qui demande de la patience, de la bienveillance et quelques outils concrets. Ainsi, en l’aidant à reconnaître, exprimer et apaiser ses émotions, vous lui offrez une ressource précieuse pour toute sa vie.
De plus, vous n’avez pas à tout porter seul. Si les crises deviennent trop lourdes, n’hésitez pas à demander de l’aide. Je serai heureuse de vous accueillir au cabinet, avec votre enfant, pour l’aider à prendre son envol en confiance.


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