Chaque soir, c’est la même scène : votre bambin rentre de l’école, pose son cartable… puis votre enfant refuse de faire ses devoirs. Il dit qu’il est fatigué, qu’il n’a pas envie, qu’il ne comprend rien ou qu’il fera « plus tard ». Et lorsque vous insistez, la tension monte rapidement.
Les devoirs peuvent alors devenir un véritable moment de conflit entre parents et enfants.
Pourtant, derrière un refus de faire les devoirs, il n’y a pas toujours un simple manque de volonté. Un enfant peut refuser parce qu’il est fatigué, découragé, en difficulté, inquiet de ne pas réussir ou tout simplement parce que la journée scolaire lui a demandé beaucoup d’efforts.
Alors, que faire lorsque votre enfant refuse systématiquement de s’installer pour travailler ? Comment l’aider sans transformer chaque soir en bataille ?
Pourquoi mon enfant refuse-t-il de faire ses devoirs ?
Avant de chercher une solution, il est important d’essayer de comprendre ce qui se passe derrière le refus.
Un enfant qui dit « je ne veux pas faire mes devoirs » ne dit pas forcément « je ne veux rien faire ».
Son comportement peut être une manière d’exprimer une difficulté qu’il ne sait pas encore expliquer.
Il est simplement fatigué
Après plusieurs heures passées à l’école, un enfant peut avoir besoin de souffler avant de se remettre dans les apprentissages.
Écouter, rester attentif, écrire, mémoriser, respecter les consignes, gérer les relations avec les autres… tout cela demande de l’énergie.
Pour certains enfants, notamment ceux qui rencontrent des difficultés attentionnelles ou d’apprentissage, cette fatigue peut être encore plus importante.
Arriver à la maison ne signifie donc pas forcément que l’enfant est immédiatement disponible pour apprendre à nouveau.
Il ne comprend pas ce qu’on lui demande
Un devoir qui paraît simple pour un adulte peut représenter une véritable difficulté pour un enfant.
Un enfant qui refuse de faire ses devoirs, peut ne pas avoir compris la consigne, ne pas savoir par où commencer ou avoir oublié une notion travaillée en classe.
Dans ce cas, le refus peut être une façon d’éviter une situation dans laquelle il pense qu’il va échouer.
Il a peur de se tromper
Certains enfants préfèrent dire « je ne veux pas » plutôt que de montrer qu’ils ne savent pas faire.
Le refus peut alors protéger leur confiance en eux.
Un enfant qui pense :
« Je suis nul en maths. »
peut progressivement éviter les exercices de mathématiques pour ne plus être confronté à ce sentiment d’échec.
Les devoirs demandent trop d’efforts
Pour un enfant présentant un TDAH, un trouble DYS ou certaines difficultés d’apprentissage, une tâche scolaire peut demander beaucoup plus d’efforts qu’on ne l’imagine.
Lire une consigne, retenir plusieurs informations, organiser son travail, écrire une réponse ou rester concentré pendant plusieurs minutes peuvent représenter une véritable charge cognitive.
Lorsque votre enfant refuse de faire ses devoirs, le problème n’est donc pas forcément de sa volonté.
Il peut avoir besoin que la manière de travailler soit adaptée à son fonctionnement.
Quand les devoirs deviennent-ils une source de conflit ?
Le scénario peut rapidement devenir répétitif.
Vous demandez :
« Tu as des devoirs ? »
Votre enfant répond :
« Non. »
Vous insistez.
Il finit par sortir son cahier, mais ne commence pas.
Vous lui demandez de se mettre au travail.
Il soupire, se lève, regarde ailleurs ou commence à jouer.
Vous répétez.
Il s’énerve.
Vous vous énervez à votre tour.
Et finalement, les devoirs prennent beaucoup plus de temps que prévu.
Ce type de situation peut progressivement créer une association négative autour des apprentissages.
L’enfant anticipe le conflit avant même d’avoir commencé.
Le parent, lui, peut finir par appréhender chaque fin de journée.
Ce n’est pas forcément un problème de mauvaise volonté d’un côté ou de manque d’autorité de l’autre.
Il peut simplement y avoir un fonctionnement qui ne convient plus à l’enfant.
Que faire lorsque votre enfant dit : « Je ne veux pas faire mes devoirs » ?
La première chose à faire est de ne pas entrer immédiatement dans un rapport de force.
Cela ne signifie pas qu’il faut abandonner les devoirs ou laisser l’enfant décider de tout.
Il s’agit plutôt de chercher à comprendre ce qui bloque.
Vous pouvez par exemple lui demander :
« Qu’est-ce qui te semble difficile aujourd’hui ? »
ou :
« Tu es fatigué ou tu ne sais pas comment commencer ? »
Cette petite différence peut changer la manière dont l’enfant perçoit votre intervention.
Vous ne lui demandez pas simplement d’obéir.
Vous cherchez avec lui une solution.
Prévoir une vraie coupure après l’école
Certains enfants ont besoin d’un temps de transition avant de commencer leurs devoirs.
Goûter, jeu, mouvement, moment calme ou activité qu’il apprécie peuvent permettre de faire une coupure entre l’école et la maison.
L’objectif n’est pas forcément de prévoir une longue pause.
Il s’agit surtout d’éviter d’enchaîner directement :
école → devoirs → repas → coucher.
Un enfant qui a déjà beaucoup sollicité son attention pendant la journée peut avoir besoin de quelques minutes pour retrouver ses ressources.
Créer une routine simple
Les devoirs sont souvent plus faciles lorsque l’enfant sait à quoi s’attendre.
Par exemple :
Retour à la maison → goûter → temps de pause → devoirs → activité agréable.
Cette routine n’a pas besoin d’être compliquée.
Elle peut être affichée sous forme de petites étapes que l’enfant peut voir et suivre.
Pour certains enfants, notamment ceux qui ont des difficultés d’attention ou d’organisation, cette visibilité peut être particulièrement utile.
L’enfant n’a pas besoin de garder toutes les étapes en mémoire.
Il peut simplement regarder ce qui vient ensuite.
Commencer par une petite tâche
Lorsque l’enfant refuse de commencer, lui demander immédiatement :
« Allez, tu as tout ça à faire, dépêche-toi. »
peut augmenter son sentiment de découragement.
Essayez plutôt de réduire le point de départ.
Par exemple :
« On commence juste par le premier exercice. »
Une fois cette première étape réalisée, l’enfant peut constater qu’il est capable de commencer.
Puis on avance progressivement.
Commencer est parfois plus difficile que continuer.
Découper les devoirs en petites étapes
Un enfant peut être découragé devant une page entière d’exercices.
Vous pouvez alors transformer la tâche en plusieurs petites étapes.
Par exemple :
- Lire la consigne.
- Faire le premier exercice.
- Faire une petite pause.
- Continuer avec les deux exercices suivants.
- Vérifier ensemble.
Cette méthode permet de rendre le travail plus concret et moins impressionnant.
Elle peut également être intéressante pour les enfants qui ont du mal à maintenir leur attention sur une tâche longue.
Ne pas faire à sa place
Lorsque l’enfant bloque, il peut être tentant de lui donner directement la réponse.
Pourtant, l’objectif est de l’aider à retrouver le chemin vers la solution.
Vous pouvez plutôt lui demander :
« Qu’est-ce que tu sais déjà ? »
« Qu’est-ce que tu comprends dans la consigne ? »
« Quelle serait la première chose à faire ? »
Cela permet de soutenir son raisonnement sans faire le travail à sa place.
Et si mon enfant est TDAH ?
Pour un enfant avec TDAH, les devoirs peuvent représenter un véritable défi.
Maintenir son attention, commencer une tâche, organiser son matériel, gérer le temps ou terminer une activité peuvent demander beaucoup d’efforts.
Dans ce contexte, répéter :
« Concentre-toi ! »
n’est pas toujours suffisant.
Il peut être plus utile de réfléchir à l’environnement et aux stratégies utilisées.
Par exemple :
- limiter les distractions autour de lui ;
- présenter une seule consigne à la fois ;
- utiliser un minuteur visuel ;
- prévoir de courtes pauses ;
- découper les exercices ;
- préparer le matériel avant de commencer ;
- alterner les tâches lorsque cela est possible.
L’objectif n’est pas de faire disparaître toutes les difficultés, mais de permettre à l’enfant de mobiliser plus facilement son attention et ses capacités.
Et si mon enfant présente des troubles DYS ?
Pour un enfant DYS, les devoirs peuvent également demander beaucoup d’énergie.
Lire, écrire, copier, mémoriser ou organiser les informations peuvent être particulièrement coûteux selon le trouble concerné.
Un enfant peut donc rentrer de l’école déjà très fatigué et avoir encore plusieurs tâches à réaliser.
Dans ce contexte, il est important de se demander :
« Est-ce que mon enfant refuse les devoirs ou est-ce que les devoirs sont devenus trop difficiles pour lui ? »
Cette distinction est essentielle.
Un enfant qui rencontre des difficultés d’apprentissage a parfois besoin d’adapter les méthodes et les supports, plutôt que de simplement augmenter le temps de travail.
Faut-il être plus ferme ?
C’est une question que beaucoup de parents se posent.
Lorsque les devoirs deviennent difficiles, on peut avoir l’impression qu’il faut simplement poser davantage de limites.
Les règles restent importantes.
Un enfant a besoin de repères et d’un cadre clair.
Mais cadre et rapport de force ne sont pas la même chose.
Vous pouvez poser une règle tout en cherchant à comprendre ce qui empêche votre enfant de la respecter.
Par exemple :
« Les devoirs doivent être faits. Je vois que c’est difficile pour toi aujourd’hui. On va chercher comment les faire sans que ça devienne une bataille. »
Le message est différent de :
« Tu vas faire tes devoirs parce que je te l’ai dit. »
Dans le premier cas, la limite reste présente tout en laissant une place à la difficulté de l’enfant.
Valoriser les efforts plutôt que seulement le résultat
Lorsque les devoirs sont difficiles, l’enfant peut avoir l’impression que les adultes ne voient que ce qu’il n’a pas réussi.
Essayez également de remarquer les efforts.
Par exemple :
« Tu as eu du mal à commencer, mais tu as réussi à t’y mettre. »
« Tu t’es trompé, mais tu as cherché une autre solution. »
« Aujourd’hui, tu as réussi à rester concentré plus longtemps. »
Ces remarques permettent de montrer à l’enfant que sa progression compte.
L’objectif n’est pas de féliciter artificiellement tout ce qu’il fait.
Il s’agit de lui permettre de prendre conscience de ce qu’il est capable de faire et des progrès qu’il réalise.
Quand les devoirs deviennent un signal d’alerte
Un refus occasionnel n’est pas nécessairement inquiétant.
Tous les enfants peuvent avoir envie de jouer plutôt que de faire leurs devoirs.
En revanche, certaines situations méritent davantage d’attention.
Par exemple, si votre enfant :
- refuse les devoirs presque tous les jours ;
- pleure régulièrement au moment de travailler ;
- dit qu’il est « nul » ou qu’il « n’y arrivera jamais » ;
- met énormément de temps à réaliser des tâches simples ;
- semble très fatigué après les devoirs ;
- évite certaines matières systématiquement ;
- perd progressivement confiance en lui ;
- rencontre des difficultés scolaires qui persistent malgré les efforts.
Dans ce cas, il peut être intéressant de chercher ce qui se cache derrière ces difficultés.
Les devoirs peuvent parfois être le moment où une difficulté d’apprentissage, d’attention, d’organisation ou de confiance en soi devient particulièrement visible.
Si votre enfant rencontre plusieurs difficultés à l’école ou dans ses apprentissages, vous pouvez également consulter notre article sur les difficultés scolaires chez l’enfant pour mieux comprendre les signes auxquels être attentif.
Les devoirs ne devraient pas devenir une épreuve quotidienne
Les devoirs font partie de la vie scolaire, mais ils ne devraient pas occuper toute la place dans la relation entre un parent et son enfant.
Votre enfant a également besoin de jouer, de bouger, de discuter, de se reposer et de passer du temps avec sa famille.
Lorsque chaque soirée devient une succession de rappels, de négociations et de disputes, il peut être utile de prendre un peu de recul.
Plutôt que de se demander uniquement :
« Comment faire pour qu’il fasse ses devoirs ? »
on peut aussi se demander :
« Qu’est-ce qui rend les devoirs si difficiles pour lui ? »
Cette question permet parfois de changer complètement la manière d’aborder la situation.
Et si mon enfant avait besoin d’un accompagnement ?
Lorsque les difficultés persistent malgré les encouragements et les adaptations mises en place à la maison, un accompagnement personnalisé peut permettre de mieux comprendre les besoins de l’enfant.
L’objectif n’est pas de faire davantage travailler l’enfant.
Il peut s’agir de l’aider à :
- mieux comprendre son fonctionnement ;
- trouver des stratégies adaptées ;
- développer son autonomie ;
- mieux s’organiser ;
- retrouver confiance dans ses capacités ;
- aborder les apprentissages avec moins de tension.
Chaque enfant est différent.
Une stratégie qui fonctionne très bien pour un enfant peut être complètement inefficace pour un autre.
C’est pourquoi l’accompagnement doit être adapté à son âge, à ses besoins, à ses difficultés et à ses ressources.
En résumé : que faire lorsque votre enfant refuse ses devoirs ?
Lorsque votre enfant refuse de faire ses devoirs, essayez de ne pas vous arrêter uniquement au comportement visible.
Posez-vous quelques questions :
Est-il fatigué ?
Comprend-il réellement ce qu’on lui demande ?
A-t-il peur de se tromper ?
La tâche est-elle trop longue ou trop difficile ?
A-t-il besoin d’aide pour s’organiser ?
Les difficultés sont-elles présentes uniquement à la maison ou également à l’école ?
Ces questions peuvent vous aider à sortir du simple rapport de force et à rechercher une réponse plus adaptée.
Les devoirs ne sont pas uniquement une question de volonté.
Ils peuvent aussi révéler la manière dont votre enfant apprend, s’organise, gère ses émotions et fait face à la difficulté.
L’objectif n’est pas de supprimer toutes les contraintes, mais de permettre à votre enfant d’avancer progressivement, avec des exigences adaptées à ses capacités et un cadre suffisamment sécurisant pour qu’il puisse apprendre.
🌿 Un accompagnement adapté aux besoins de votre enfant
Si les devoirs sont devenus une source de tensions répétées ou si votre enfant rencontre plus largement des difficultés dans ses apprentissages, un accompagnement personnalisé peut l’aider à retrouver des repères et davantage de confiance.
Chez Envol en Confiance, l’accompagnement s’adapte au fonctionnement et aux besoins de chaque enfant, notamment lorsqu’il rencontre des difficultés d’apprentissage, d’attention, d’organisation ou de confiance en lui.
L’objectif est d’avancer progressivement, avec des outils concrets et adaptés à son quotidien.
Votre enfant ne manque pas forcément de volonté. Il a peut-être simplement besoin qu’on l’aide à trouver une autre manière d’apprendre.
Pour aller plus loin, je vous partage cette vidéo sur l’accompagnement parental que j’ai réalisée pour vous aider à mieux comprendre le fonctionnement de votre enfant.


Laisser un commentaire