Si votre enfant n’arrive pas à se concentrer, il commence ses devoirs, regarde ailleurs, se lève, oublie ce qu’il devait faire, recommence plusieurs fois le même exercice ou met une heure pour réaliser un travail qui devrait lui prendre beaucoup moins de temps.
Et forcément, une question finit par arriver :
« Pourquoi mon enfant n’arrive-t-il pas à se concentrer ? »
Avant de penser qu’il manque de volonté ou qu’il ne fait pas suffisamment d’efforts, il est important de comprendre ce qui se passe réellement lorsqu’il doit rester attentif.
Car un enfant qui se déconcentre facilement n’est pas forcément un enfant qui ne veut pas travailler.
Parfois, il ne sait simplement pas encore comment mobiliser son attention, comment s’organiser ou comment faire face à une tâche qui lui demande trop d’efforts.
Pourquoi mon enfant a-t-il du mal à se concentrer ?
La concentration n’est pas une capacité qui fonctionne de la même manière toute la journée et dans toutes les situations.
Un enfant peut être capable de rester très longtemps concentré lorsqu’il joue à un jeu qui l’intéresse et avoir énormément de difficultés à rester attentif pendant ses devoirs.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’il « fait exprès ».
La fatigue, le stress, les émotions, la difficulté de la tâche, le bruit, les distractions ou encore le manque de repères peuvent influencer l’attention.
Certains enfants rencontrent également des difficultés plus importantes et durables dans le domaine de l’attention et des fonctions exécutives. C’est notamment le cas des enfants présentant un TDAH, qui peuvent avoir des difficultés à maintenir leur attention, à s’organiser, à planifier une tâche ou à aller jusqu’au bout d’une activité.
La première étape consiste donc à chercher ce qui gêne l’attention de votre enfant, plutôt que de lui demander simplement de « faire un effort ».
Comment savoir si mon enfant a réellement un problème de concentration ?
Tous les enfants se déconcentrent parfois.
Un enfant peut être fatigué après une journée d’école, avoir envie de jouer plutôt que de faire ses devoirs ou simplement avoir besoin de bouger. Ainsi, votre enfant n’arrive pas à se concentrer.
Ce qui mérite davantage d’attention, c’est lorsque les difficultés sont régulières et qu’elles gênent réellement son quotidien.
Vous pouvez par exemple observer si votre enfant :
- oublie rapidement les consignes ;
- commence une activité sans la terminer ;
- a besoin qu’on lui répète souvent ce qu’il doit faire ;
- passe très facilement d’une activité à une autre ;
- met énormément de temps à faire ses devoirs ;
- se laisse distraire par le moindre bruit ou mouvement ;
- perd régulièrement son matériel ;
- oublie des étapes dans les exercices ;
- a du mal à s’organiser ;
- semble souvent « dans la lune » ;
- fait beaucoup d’erreurs d’inattention ;
- se décourage rapidement devant une tâche scolaire.
Un seul de ces signes ne permet évidemment pas de conclure à un trouble de l’attention.
L’important est de regarder l’ensemble de la situation et son retentissement sur l’enfant.
Pourquoi mon enfant arrive-t-il à se concentrer pour jouer mais pas pour travailler ?
C’est une remarque que de nombreux parents peuvent faire :
« Pourtant, quand il joue à sa console, il peut rester concentré pendant des heures ! »
Cela peut être déconcertant.
Mais toutes les activités ne sollicitent pas l’attention de la même manière.
Une activité très motivante, interactive et immédiatement gratifiante peut être beaucoup plus facile à maintenir qu’une tâche scolaire longue, répétitive ou difficile.
Il est donc préférable de ne pas utiliser cette comparaison pour conclure que l’enfant « pourrait se concentrer s’il le voulait ».
La vraie question est plutôt :
Qu’est-ce qui rend certaines activités beaucoup plus faciles à maintenir que d’autres ?
Cette observation peut justement nous donner des informations précieuses sur le fonctionnement de l’enfant.
Comment aider un enfant à se concentrer pendant les devoirs ?
Avant de demander à votre enfant de rester concentré plus longtemps, vous pouvez commencer par rendre la tâche plus facile à gérer.
1. Réduire les distractions
Un bureau encombré, la télévision allumée, des jouets à proximité ou des conversations dans la pièce peuvent rendre l’attention plus difficile.
L’objectif n’est pas de créer un environnement parfaitement silencieux, mais de limiter ce qui détourne inutilement l’attention.
2. Donner une consigne à la fois
Une longue consigne peut devenir difficile à retenir.
Au lieu de dire :
« Fais tes exercices de maths, puis lis ton texte, réponds aux questions et prépare ton cartable. »
On peut commencer par :
« Commence par le premier exercice de maths. »
Puis passer à l’étape suivante.
Cela permet à l’enfant de se concentrer sur une seule action à la fois.
3. Découper les devoirs en petites étapes
Une page entière peut sembler énorme.
On peut la transformer en plusieurs petites étapes :
Je lis → je fais → je vérifie → je fais une petite pause.
Cette organisation peut être particulièrement utile pour les enfants qui ont du mal à planifier ou à maintenir leur attention dans la durée.
4. Prévoir de courtes pauses
Une pause n’est pas forcément du temps perdu.
Pour certains enfants, bouger quelques minutes avant de reprendre une activité permet justement de revenir plus disponible.
L’objectif est de trouver le rythme qui convient à l’enfant, plutôt que d’imposer une durée identique à tous.
Et si mon enfant se déconcentre dès qu’il rencontre une difficulté ?
C’est un point très important si votre enfant n’arrive pas à se concentrer.
Parfois, ce que l’on interprète comme un problème de concentration est en réalité une difficulté face à la tâche.
Votre enfant peut commencer un exercice, ne pas comprendre la consigne, hésiter, puis regarder ailleurs ou se lever.
On peut alors avoir l’impression qu’il « ne se concentre pas ».
Mais peut-être que son cerveau est surtout en train de chercher une solution à une tâche qu’il ne sait pas comment aborder.
Dans ce cas, répéter :
« Concentre-toi ! »
ne l’aidera pas forcément.
Il peut être beaucoup plus utile de demander :
« Qu’est-ce qui te bloque ? »
ou :
« Quelle est la première chose que tu dois faire ? »
Cela permet de l’aider à identifier une stratégie plutôt que de simplement lui demander de fournir davantage d’efforts.
Concentration et confiance en soi : un cercle parfois difficile
Lorsqu’un enfant rencontre régulièrement des difficultés pour se concentrer, les conséquences ne sont pas uniquement scolaires.
Il peut finir par entendre :
« Tu n’écoutes jamais. »
« Tu es toujours dans la lune. »
« Concentre-toi un peu ! »
Et progressivement, il peut commencer à penser :
« Je suis incapable de travailler. »
Les devoirs deviennent alors associés à l’échec, aux reproches ou aux conflits.
L’enfant peut éviter la tâche avant même de l’avoir commencée.
C’est pourquoi il est important de valoriser non seulement le résultat, mais également les stratégies et les efforts.
Par exemple :
« Tu as réussi à rester concentré jusqu’à la fin de cet exercice. »
ou :
« Tu as trouvé une manière de t’organiser qui t’a aidé. »
Ces petits retours peuvent aider l’enfant à prendre conscience de ce qui fonctionne pour lui.
Mon enfant manque-t-il de concentration ou y a-t-il autre chose ?
C’est une question essentielle.
Une difficulté d’attention peut être liée à de nombreuses situations. Elle engendre le fait que votre enfant n’arrive pas à se concentrer.
Alors, elle peut être favorisée par :
- la fatigue ;
- le manque de sommeil ;
- le stress ;
- une période émotionnellement difficile ;
- une tâche trop complexe ;
- des difficultés de compréhension ;
- des difficultés de lecture ou d’écriture ;
- des difficultés d’organisation ;
- une surcharge sensorielle ;
- un manque de motivation pour une tâche particulière.
Elle peut également s’inscrire dans le cadre d’un trouble du neurodéveloppement, comme un TDAH ou certains troubles des apprentissages.
C’est pourquoi il est important de ne pas poser soi-même une étiquette sur son enfant à partir de quelques signes.
La HAS rappelle notamment que le TDAH associe des symptômes d’inattention et/ou de distractibilité, avec éventuellement hyperactivité et impulsivité, et que ces difficultés doivent avoir un retentissement sur le fonctionnement scolaire, familial ou social pour qu’un diagnostic soit envisagé.
Les écrans peuvent-ils jouer sur la concentration ?
C’est une question que beaucoup de parents se posent.
Les écrans ne permettent pas à eux seuls d’expliquer toutes les difficultés de concentration d’un enfant.
En revanche, leur utilisation peut avoir des conséquences sur certaines habitudes qui participent au bon fonctionnement de l’enfant, notamment le sommeil et les temps d’activité.
Le ministère de l’Éducation nationale recommande notamment d’éviter les écrans le matin avant l’école, pendant les repas et avant le coucher. Il souligne également qu’un usage inapproprié ou excessif peut avoir des effets sur la concentration et la motivation.
Il est donc intéressant d’observer l’ensemble du rythme de vie de l’enfant, plutôt que de chercher une cause unique.
Quand faut-il demander de l’aide ?
Il peut être intéressant de demander un accompagnement lorsque les difficultés de concentration deviennent suffisamment importantes pour avoir des conséquences sur la vie de l’enfant.
Par exemple, lorsque :
- les devoirs deviennent systématiquement conflictuels ;
- l’enfant passe énormément de temps sur son travail ;
- les résultats scolaires diminuent ;
- il oublie régulièrement les consignes ;
- son organisation devient très difficile ;
- il se dévalorise ;
- il perd progressivement confiance en lui ;
- les difficultés sont présentes dans plusieurs situations ;
- les difficultés persistent malgré les adaptations mises en place.
Dans ce cas, le regard croisé des parents, de l’école et des professionnels qui accompagnent l’enfant peut être précieux. Le ministère de l’Éducation nationale rappelle d’ailleurs l’importance du dialogue entre les familles et l’école pour accompagner les enfants dans leurs apprentissages.
Comment un accompagnement peut-il aider mon enfant ?
L’objectif d’un accompagnement n’est pas simplement de demander à l’enfant de « mieux se concentrer ».
Il s’agit d’abord de comprendre comment il fonctionne et ce qui le met en difficulté.
Selon les besoins, le travail peut porter sur :
- l’organisation ;
- la gestion des devoirs ;
- la compréhension des consignes ;
- les méthodes d’apprentissage ;
- la mémorisation ;
- la planification ;
- la gestion du temps ;
- l’écriture ;
- les stratégies permettant de maintenir l’attention ;
- la confiance en soi.
L’idée est de permettre à l’enfant de repartir avec des stratégies concrètes qu’il peut progressivement utiliser de manière plus autonome.
Mon enfant n’arrive pas à se concentrer : que retenir ?
Un enfant qui se déconcentre facilement n’est pas forcément un enfant qui manque de volonté.
Avant de lui demander de « faire plus d’efforts », il peut être utile de chercher :
Qu’est-ce qui lui demande autant d’efforts ?
Est-ce la compréhension ?
L’organisation ?
La mémorisation ?
La longueur de la tâche ?
L’environnement ?
La fatigue ?
La confiance en lui ?
Ou peut-être une difficulté attentionnelle plus importante ?
Comprendre ce qui se cache derrière la difficulté permet souvent de trouver des solutions beaucoup plus adaptées.
Il ne s’agit pas d’apprendre à l’enfant à être « comme les autres », mais de lui donner les outils dont il a besoin pour apprendre avec son propre fonctionnement.
Et si votre enfant rencontre également des difficultés scolaires ?
Vous pouvez également lire l’article « Mon enfant rencontre des difficultés scolaires : comment savoir s’il a besoin d’aide ? », qui aborde les différents signes à observer et les situations dans lesquelles un accompagnement peut être utile.
Si les difficultés de concentration s’inscrivent dans un TDAH, découvrez également « Mon enfant a un TDAH : quel accompagnement peut vraiment l’aider au quotidien ? ».
Pour les difficultés liées à l’écriture, l’article « Mon enfant a du mal à apprendre l’écriture : comment la graphopédagogie peut-elle l’aider ? » pourra également être utile.
Pour approfondir ce sujet, je vous invite à découvrir ma vidéo YouTube où j’explore les stratégies concrètes pour soutenir votre enfant au quotidien.


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